Il y a des sujets dont on ne s'occupe pas activement, mais qui s'imposent tout simplement à un moment donné. Pour beaucoup, dont moi, le Groenland a longtemps fait partie de cette catégorie. Une grande île isolée dans le Grand Nord, peu de population, beaucoup de glace, beaucoup de nature. Pas un sujet classique de la vie quotidienne, pas un sujet politique permanent. Cela a sensiblement changé ces derniers mois.
La multiplication des rapports, des commentaires et des gros titres autour du Groenland - et surtout les déclarations répétées de Donald Trump - placent soudain cette île au centre d'un débat international. Lorsqu'un ancien et peut-être futur président américain parle publiquement de vouloir „acheter“, „prendre en charge“ ou contrôler un territoire, cela attire inévitablement l'attention. Non pas parce que de telles déclarations doivent être prises immédiatement au sérieux - mais parce qu'elles soulèvent des questions que l'on ne devrait pas ignorer.
Aktuelle Nachrichten zu Grönland
09.01.2026: In einer ZDFheute Live-Sendung wurde die umstrittene Frage diskutiert, was die wiederholten Aussagen von US-Präsident Donald Trump über Grönland für die NATO und das internationale System bedeuten. Ex-US-General Ben Hodges und ZDF-Korrespondent Henner Hebestreit beleuchteten vor laufender Kamera, wie ein möglicher Anspruch auf Grönland – einer autonomen Region des NATO-Partners Dänemark – zu erheblichen Spannungen in Europas Sicherheitsarchitektur führen könnte. Während Trump europaweit für Empörung sorgt und seine rhetorische Drohkulisse mit tatsächlichen außenpolitischen Schritten verknüpft, warnten Experten vor einer Erosion gemeinsamer Werte und Bündnisverpflichtungen. Die Sendung lud Zuschauer ein, live Fragen zu stellen und die Zukunft der weltweiten Ordnung angesichts solcher Aussagen kritisch zu reflektieren.
Was mit der NATO passiert, wenn Trump Grönland angreift | ZDFheute
Pourquoi le Groenland revient-il soudain sur le devant de la scène ?
Les déclarations de Trump sur le Groenland ressemblent à première vue à un mélange de provocation, de rhétorique commerciale et de pensée géopolitique du pouvoir. Mais quel que soit le jugement que l'on porte sur sa personne ou son style, de telles déclarations conduisent presque automatiquement à se demander de quoi il s'agit réellement. À qui appartient le Groenland ? Qui peut en décider ? Et sur quelle base pourrait-on discuter d'un tel sujet ?
C'est justement parce que le débat public est souvent très vite marqué par la moquerie, l'indignation ou le rejet réflexe que le besoin de prendre du recul se fait sentir. Non pas pour défendre ou diaboliser Trump, mais pour comprendre quel est le fondement même de cette discussion - historiquement, juridiquement et politiquement.
Entre gros titres et substance
Il est frappant de constater à quel point les reportages des médias ont tendance à réduire des situations complexes à un seul mot : „achat“. Ce mot est accrocheur, émotionnel, facile à véhiculer. Il suggère une simplicité qui ne correspond pas à la réalité. Les États ne sont pas des biens immobiliers. Les peuples ne sont pas une monnaie d'échange. Et des territoires avec leur propre population, leur propre histoire et leur propre structure politique ne peuvent pas être transférés comme des parts de société.
C'est précisément pour cette raison qu'il vaut la peine de regarder derrière les gros titres. Non pas pour les relativiser en bloc, mais pour les classer. On s'aperçoit alors souvent que le sujet proprement dit est moins spectaculaire, mais nettement plus intéressant, que la présentation exacerbée qui en est faite.
Le Groenland comme surface de projection
Le Groenland se prête particulièrement bien comme surface de projection : immense, peu peuplé, riche en matières premières, situé à un endroit stratégique. A une époque où l'Arctique gagne en importance sur le plan géopolitique, l'île apparaît soudain comme une région clé. Le fait que cela suscite des convoitises - et pas seulement aux États-Unis - n'est pas un phénomène nouveau. Ce qui est nouveau, c'est plutôt la franchise avec laquelle on en parle.
Cependant, quelque chose risque d'être perdu : Le Groenland n'est pas seulement un espace stratégique, mais aussi un espace de vie qui s'est développé au fil du temps. Parler du Groenland, c'est forcément parler des gens qui y vivent - et des longues lignes qui ont conduit à la situation politique actuelle.
Pourquoi un regard en arrière est nécessaire
Pour juger du réalisme ou de l'irréalisme des déclarations sur la „prise de contrôle“ du Groenland, il ne suffit pas d'aligner des citations actuelles. Il faut jeter un regard en arrière : sur les débuts de la colonisation, sur le rôle du Danemark, sur le passage d'un territoire colonial à une autonomie administrative et sur la longue histoire des intérêts étrangers sur l'île.
Ce n'est que lorsque ces bases sont claires que l'on peut évaluer ce que les déclarations actuelles signifient réellement - et ce qu'elles ne signifient pas. C'est précisément la voie que veut suivre cet article : non pas en s'indignant, non pas en apaisant, mais en mettant de l'ordre.
Un point de départ sobre
Le Groenland n'est pas soudainement devenu important suite aux déclarations de Trump. Il était déjà important depuis longtemps - mais de manière plus discrète. Le débat actuel est donc moins un nouveau chapitre qu'une occasion de lire enfin attentivement un vieux livre. Avant de parler des scénarios d'avenir possibles, il vaut la peine de comprendre l'histoire qui a conduit à ce point.
Et c'est là que commence la véritable vision du Groenland.
Aperçu historique de la situation : Le Groenland depuis les premiers colons jusqu'à nos jours
Cette vidéo en anglais offre un aperçu historique complet du Groenland et replace les récentes discussions politiques dans un long contexte temporel. Le point de départ est l'attention internationale portée au Groenland suite à la déclaration de Donald Trump selon laquelle il serait intéressé par l'achat de l'île. De là, la vidéo parcourt chronologiquement l'histoire du Groenland : des premiers colons préhistoriques aux cultures inuites et à l'époque viking, jusqu'à la domination coloniale danoise et le chemin vers l'autonomie.
L'histoire du Greenland - De la préhistoire aux temps modernes | Histoire et mythologie
Des chapitres moins connus comme le rôle du Groenland pendant la Seconde Guerre mondiale, les intérêts de protection américains et la fameuse „Whiskey War“ sont également abordés. La vidéo est particulièrement adaptée aux lecteurs qui recherchent une introduction structurée et historiquement fondée, et qui n'ont aucun problème avec le matériel en anglais.
Le Groenland avant l'Europe - colonisation précoce et continuité culturelle
Lorsqu'on parle du Groenland aujourd'hui, on a parfois l'impression subliminale d'un espace en grande partie inhabité - vaste, froid, stratégiquement intéressant, mais peu marqué par l'histoire. Cette impression est trompeuse. Le Groenland n'a jamais été une simple surface vide sur la carte. Les hommes y vivaient bien avant que l'Europe ne s'intéresse à la région.
Les découvertes archéologiques montrent que le Groenland était déjà habité par des hommes il y a plus de 4.000 ans. Ces premiers habitants ne vivaient pas de manière permanente et généralisée sur l'île, mais s'adaptaient aux conditions extrêmes par phases limitées dans le temps. Le Groenland n'était déjà pas un lieu d'expansion, mais d'adaptation.
Les premières cultures : vivre au bord du possible
Parmi les premières cultures connues, on trouve la culture Saqqaq ainsi que les cultures dites de l'Indépendance. Ces groupes vivaient principalement de la chasse, de la pêche et de la capture de mammifères marins. Leur existence était étroitement liée au climat, aux conditions glaciaires et aux ressources disponibles.
Ces cultures n'ont pas disparu à la suite d'une conquête ou d'une éviction, mais probablement en raison d'une combinaison de changements climatiques, d'isolement et de ressources vitales limitées. Ce qui est décisif ici, c'est que le Groenland n'a jamais été „abandonné“, mais toujours recolonisé dès que les conditions le permettaient.
L'arrivée des Inuits : une empreinte durable
La phase la plus marquante sur le plan culturel et historique commence avec la culture de Thulé, dont les membres sont arrivés au Groenland à partir du 13e siècle environ. Ils sont considérés comme les ancêtres directs de la population inuite actuelle.
Ces personnes ont apporté avec elles des connaissances très développées, exactement adaptées aux conditions arctiques :
- techniques de chasse flexibles
- utilisation ingénieuse de matières animales
- des structures sociales basées sur la coopération et l'expérience
Contrairement aux cultures précédentes, ils ont réussi à s'adapter durablement à leur environnement. Leur mode de vie a constitué la base de la continuité culturelle qui existe encore aujourd'hui.
La société groenlandaise actuelle ne peut pas être comprise sans ces racines. La langue, les traditions et l'image de soi remontent directement à ces premières cultures inuites. Même si le mode de vie et la technique ont beaucoup évolué au fil des siècles, l'identité culturelle n'est pas le résultat d'une influence européenne, mais est bien plus ancienne. C'est un point central pour tout débat actuel sur le Groenland :
La population n'a pas été „installée“ après coup, mais s'est développée historiquement. Le Groenland n'est pas une entité artificielle, mais une patrie.
Le Groenland comme espace de vie, pas comme propriété
Cette histoire ancienne montre une chose fondamentale : le Groenland a toujours été un espace qui exigeait le respect de l'environnement. Celui qui voulait y vivre devait s'adapter - et non l'inverse. L'expansion, l'exploitation ou le contrôle à grande échelle étaient tout simplement impossibles pendant des millénaires.
Cette expérience historique marque également l'image que de nombreux Groenlandais ont d'eux-mêmes aujourd'hui. L'île n'est pas considérée comme un objet, mais comme un espace de vie dont l'utilisation implique une responsabilité. Ce regard se distingue nettement des perspectives de la politique étrangère ou de l'économie, qui voient le Groenland avant tout comme une surface stratégique ou une source de matières premières.
Une longue histoire à la base des droits actuels
La colonisation précoce du Groenland est plus qu'un détail historique. Il est à la base du fait que le Groenland est aujourd'hui considéré comme la patrie d'un peuple à part entière, avec sa propre langue, sa propre culture et sa propre identité. C'est de là que découle le droit à l'autodétermination, qui joue un rôle central dans le droit international moderne.
Quiconque parle de l'avenir du Groenland ne peut faire l'impasse sur ce passé. Il explique pourquoi les questions d'appartenance, de souveraineté et de pouvoir de décision sont particulièrement sensibles ici - et pourquoi les solutions simples ne fonctionnent pas.

Les Vikings, les royaumes et la voie vers les structures de pouvoir européennes
Le regard européen sur le Groenland commence vers la fin du 10e siècle. Vers 985, le Viking banni d'Islande atteint le Groenland. Erik le Rouge la côte sud-ouest de l'île. Il y fonda plusieurs colonies et donna au pays le nom qu'il porte encore aujourd'hui :
Le Groenland. Le nom était moins une description géographique qu'une décision stratégique - un terme délibérément choisi de manière positive pour attirer les colons.
Les Vikings ont établi deux grandes zones de peuplement, l'une dite de l'Est et l'autre de l'Ouest. Pendant plusieurs siècles, quelques milliers de personnes y ont vécu. Ils pratiquaient l'élevage, l'agriculture à une échelle limitée et le commerce, notamment d'ivoire provenant de dents de morses. Le Groenland était ainsi intégré dans le réseau commercial nordique, même s'il se situait à l'extrême limite.
Vivre à la limite : pourquoi les colonies vikings ont disparu
Malgré leur étonnante persévérance, les colonies nordiques ont complètement disparu au cours du 15e siècle. La raison exacte de cette disparition n'a pas encore été définitivement élucidée. Plusieurs facteurs se sont probablement conjugués : un refroidissement progressif du climat suite à ce que l'on appelle le petit âge glaciaire, le déclin économique, l'isolement de l'Europe et une capacité d'adaptation limitée à des conditions environnementales difficiles.
Il est remarquable que les Vikings aient conservé en grande partie leur mode de vie au lieu de l'adapter davantage aux conditions arctiques - contrairement aux Inuits, dont c'était précisément la force. La présence nordique au Groenland a donc été historiquement importante, mais pas durable.
Le Groenland et le royaume de Norvège
Sur le plan politique, les Vikings considéraient le Groenland comme faisant partie de la sphère d'influence norvégienne. L'île était soumise au roi de Norvège, même si le contrôle effectif restait lâche. Cette attribution formelle est décisive, car elle constitue le premier pas vers une intégration étatique du Groenland dans les structures européennes.
En 1380, le Danemark et la Norvège ont formé une union personnelle. Les deux royaumes furent dès lors gouvernés par un seul roi. Le Groenland tomba ainsi indirectement sous l'influence danoise, sans que cela ne change grand chose sur place. L'île resta isolée, difficile d'accès et politiquement marginale.
Pendant des siècles, le Groenland a davantage existé sur le papier que dans la vie politique quotidienne de l'Europe. Pourtant, son appartenance formelle a perduré. Cette continuité juridique est l'une des raisons pour lesquelles les revendications ultérieures sur le Groenland n'ont pas eu besoin d'être refondées, mais se sont appuyées sur des lignes juridiques existantes.
Ce n'est qu'avec la paix de Kiel en 1814 qu'un tournant décisif a été pris. Après les guerres napoléoniennes, la Norvège a été séparée du Danemark et remise à la Suède. Le Danemark a toutefois conservé ses possessions extra-européennes - dont le Groenland. Le Groenland fut ainsi clairement et durablement rattaché à l'État danois.
De l'absence de fait à la compétence formelle
Cette évolution peut sembler paradoxale à première vue : une île sur laquelle il n'y avait parfois guère de présence européenne a été clairement attribuée à un État européen en vertu du droit international. Mais c'est précisément là que réside le cœur de l'État moderne : ce n'est pas une colonisation continue qui crée l'appartenance, mais des lignes juridiques reconnues et des traités internationaux.
Le Groenland est ainsi devenu partie intégrante de l'ordre européen, sans être lui-même européen. La population indigène a continué à exister, tandis qu'une nouvelle structure juridique s'est imposée à elle. Cette tension entre autonomie historique et appartenance formelle caractérise le Groenland jusqu'à aujourd'hui.
Le début d'un long engagement
L'attribution au Danemark marque le début d'un lien qui ne cessera de se consolider au cours des siècles suivants, d'abord de manière à peine perceptible, puis de manière de plus en plus concrète. L'époque viking marque moins le début du contrôle européen que l'entrée dans un système de revendications, de compétences et de continuité étatique.
Pour comprendre pourquoi le Danemark joue aujourd'hui un rôle central dans la question du Groenland, il faut connaître cette évolution. Elle explique pourquoi les débats modernes ne partent pas de zéro, mais s'appuient sur des décisions historiques qui remontent loin dans le temps.

Du territoire colonial à l'autogestion
Bien que le Groenland fasse partie du Danemark en vertu du droit international depuis le début du 19e siècle, une administration coloniale systématique n'a commencé qu'au 18e siècle. En 1721, le missionnaire dano-norvégien Hans Egede a commencé son travail au Groenland. Son objectif était de christianiser la population et de renouer avec les colonies nordiques prétendument „perdues“.
La mission s'est progressivement accompagnée de la mise en place d'une structure administrative et commerciale solide. Le Danemark a établi des monopoles commerciaux, a réglementé la circulation des marchandises et a étroitement lié le Groenland à la métropole sur le plan économique. Si le contrôle politique est resté longtemps relativement discret, la dépendance économique, elle, n'a cessé de croître.
L'ordre colonial a eu des conséquences ambivalentes. D'une part, des soins médicaux, des écoles et une certaine stabilité économique ont vu le jour. D'autre part, le monopole commercial a entraîné des dépendances et a considérablement limité l'autonomie de la population groenlandaise.
Le Groenland n'était pas considéré comme une partie égale de l'État, mais comme une zone protégée qui devait être administrée, dirigée et développée. Les décisions étaient principalement prises à Copenhague. La population groenlandaise n'avait guère d'influence sur les processus politiques qui concernaient sa propre vie.
Cette phase marque encore aujourd'hui les relations entre le Groenland et le Danemark. De nombreuses questions structurelles, telles que l'indépendance économique ou la reconnaissance culturelle, trouvent leur origine dans cette période.
1953 : la fin formelle du statut colonial
Un tournant décisif a eu lieu en 1953 : le Groenland a officiellement perdu son statut de colonie et a été intégré au royaume du Danemark en tant que partie intégrante à part entière. La population groenlandaise obtint la citoyenneté danoise et le Groenland devint partie intégrante de la constitution danoise.
Juridiquement, cette étape signifiait une égalité. Cependant, sur le plan politique et social, un déséquilibre subsistait. De nombreuses décisions continuaient à être prises au niveau central et l'indépendance culturelle du Groenland n'était que partiellement reconnue.
Néanmoins, cette étape a marqué le début d'un changement fondamental : le Groenland n'était plus une colonie, mais faisait partie d'un État moderne, avec toutes les tensions qui en résultaient.
Le chemin vers la Home Rule
Au cours des décennies suivantes, la conscience de la nécessité d'une plus grande autodétermination s'est accrue. C'est surtout dans les années 1960 et 1970 que le mouvement d'autonomie groenlandais a pris de l'ampleur. La revendication n'était pas la séparation, mais la participation à la décision.
En 1979, le Danemark a finalement introduit le Home Rule. Pour la première fois, le Groenland a obtenu son propre parlement et son propre gouvernement. Certaines compétences, comme l'éducation, la culture et les affaires sociales, ont été transférées aux institutions groenlandaises.
Cette étape a été historiquement importante, car elle a permis pour la première fois de rapprocher la responsabilité politique de la population groenlandaise.
2009 : Reconnaissance du droit à l'autodétermination
Une nouvelle étape a été franchie avec la loi sur l'autogestion de 2009. Cette loi allait bien au-delà du Home Rule. Elle reconnaissait explicitement que le peuple groenlandais avait son propre droit à l'autodétermination - une notion centrale dans le droit international moderne. Depuis lors, le Groenland est administré :
- ses affaires intérieures
- le système d'éducation et de santé
- l'utilisation des ressources naturelles
Le Danemark a conservé des compétences en matière de politique étrangère, de défense et de monnaie. Parallèlement, il a été établi qu'une éventuelle indépendance du Groenland ne pourrait être décidée que par la volonté de la population.
Une nouvelle relation entre le Groenland et le Danemark
Avec l'autogestion, la relation s'est fondamentalement modifiée. La relation coloniale s'est transformée en un partenariat basé sur des compétences définies juridiquement. Des tensions subsistent, notamment sur les questions économiques, mais elles sont aujourd'hui négociées politiquement - et non plus imposées administrativement.
Ce point est décisif pour le débat actuel sur le Groenland : le Groenland n'est plus un territoire administré par des étrangers. Il dispose d'institutions démocratiquement légitimées et d'un droit reconnu à prendre ses propres décisions.
Aperçu des compétences actuelles
| Domaine | Compétence aujourd'hui | Pourquoi cela est-il pertinent pour le débat sur le Groenland ? |
|---|---|---|
| Politique intérieure / Administration | Groenland | Le Groenland dispose de son propre gouvernement et de son propre parlement. Les décisions centrales de la vie quotidienne ne sont pas prises à Copenhague. |
| Éducation et culture | Groenland | La langue, l'identité et le développement culturel sont entièrement entre les mains des Groenlandais - un point essentiel de l'autodétermination. |
| Santé et affaires sociales | Groenland | L'infrastructure sociale est organisée de manière autonome, ce qui suppose une appropriation politique. |
| Ressources naturelles (Matières premières, Mines, Énergie) |
Groenland | Le Groenland décide lui-même de l'exploration et de l'exploitation. Cela rend les fantasmes de „rachat“ externe difficilement contrôlables d'un point de vue économique. |
| Politique économique (interne) | Groenland | Le développement économique est géré au niveau local ; les dépendances sont politiquement négociables, et non déterminées par l'étranger. |
| Politique étrangère | Danemark (en accord avec le Groenland) |
La représentation extérieure formelle est assurée par le Danemark, mais le Groenland est de plus en plus directement impliqué - un modèle de transition, pas un ordre étranger. |
| Défense et armée | Danemark (cadre de l'OTAN) |
La présence militaire américaine est basée sur des accords, pas sur la possession. Sécurité ≠ Souveraineté. |
| Monnaie et politique monétaire | Danemark | Une caractéristique classique du lien étatique, mais pas un critère d'exclusion de l'autonomie ou de l'indépendance ultérieure. |
| Citoyenneté | Danemark | Les Groenlandais sont des citoyens danois - un facteur de protection juridique contre les revendications extérieures. |
| Statut constitutionnel | Royaume de Danemark + loi sur l'autogestion |
Le Groenland est intégré juridiquement, mais avec un droit d'autodétermination reconnu - un point décisif contre toute „prise de contrôle“. |
| Droit à l'indépendance | Groenland | Un changement de statut ne peut être décidé que par la population groenlandaise elle-même - et non de l'extérieur. |
Pourquoi cette évolution est si importante aujourd'hui
Parler aujourd'hui de l'avenir du Groenland, c'est parler d'un territoire qui a sa propre voix politique. Les déclarations sur les „achats“ ou les „reprises“ ignorent complètement cette évolution. Elles font appel à une pensée historiquement dépassée.
L'autonomie administrative du Groenland n'est pas une construction théorique, mais une réalité vécue. Elle constitue la base pour que toute discussion sur l'appartenance, la coopération ou l'indépendance intègre obligatoirement la perspective de la population groenlandaise.

Intérêts américains, idées d'achat antérieures et initiative de Trump
Ceux qui ont l'impression aujourd'hui que les Etats-Unis n'ont développé un intérêt pour le Groenland qu'avec Donald Trump se trompent. En réalité, le Groenland fait partie des réflexions américaines en matière de sécurité et de puissance depuis plus d'un siècle. La raison n'est pas une fascination romantique pour l'Arctique, mais la géographie : le Groenland est situé entre l'Amérique du Nord et l'Europe, sur un axe qui a toujours été important sur le plan militaire et logistique.
Avec l'intérêt croissant pour l'Arctique - que ce soit pour de nouvelles routes commerciales, des matières premières ou des systèmes militaires d'alerte précoce - cette situation est devenue encore plus précieuse. Du point de vue des grandes puissances, le Groenland est moins une région périphérique qu'une sorte de pont au nord. Et c'est précisément ce qui explique pourquoi l'île apparaît régulièrement dans les documents stratégiques américains.
Idées d'achat antérieures : un vieux modèle
En fait, aux 19e et 20e siècles déjà, les États-Unis ont envisagé d'acheter le Groenland ou de le lier plus étroitement à Washington par d'autres moyens. De telles idées sont nées à chaque fois que les Etats-Unis ont renforcé leur rôle de puissance mondiale ou ont réévalué les risques en matière de politique de sécurité.
L'année 1946 est particulièrement connue, lorsque les États-Unis ont fait une offre au Danemark pour acheter le Groenland. Le Danemark a refusé. Le point historique est que même sans achat, l'intérêt américain n'est pas resté sans conséquence. Au lieu d'acquérir des biens, les États-Unis ont renforcé leur influence par le biais d'une présence militaire et d'accords.
Cette histoire plus ancienne est importante car elle montre que la démarche de Trump n'était pas le début d'un intérêt, mais plutôt une réédition bruyante d'un vieux modèle - avec un choix de mots qui semble inhabituellement grossier dans la diplomatie moderne.
Réalité militaire : présence sans possession
Un point central est souvent sous-estimé dans les débats : les États-Unis ne sont pas „hors jeu“ au Groenland. Depuis la Seconde Guerre mondiale déjà, il existe des coopérations en matière de politique de sécurité qui permettent aux Etats-Unis d'avoir un accès pratique à des infrastructures stratégiques - sans que le Groenland soit pour autant un territoire américain.
L'exemple le plus connu est la base aérienne de Thulé (aujourd'hui : Pituffik Space Base). Elle fait partie du système américain d'alerte précoce et de surveillance de l'espace et montre que Washington joue depuis longtemps un rôle stratégique au Groenland. Cette présence repose toutefois sur des contrats et une coopération - et non sur la possession.
C'est précisément là que réside une différence décisive : dans la réalité, les relations internationales fonctionnent souvent par le biais de l'influence et des accords. La „propriété“ n'est ni nécessaire ni politiquement utile pour cela.
Le choix des mots de Trump : la „pensée du deal“ rencontre la géopolitique
Lorsque Donald Trump a confirmé publiquement en 2019 qu'il avait été question d„“acheter le Groenland", cela a paru à beaucoup comme une idée absurde. Mais cette impression est surtout due à la formulation. Trump pense et parle souvent en termes de deals, d'immobilier et de propriété. Or, en politique étrangère, ce langage n'est pas seulement inhabituel, il est carrément trompeur.
Car un territoire avec sa propre population, sa propre histoire et sa propre structure politique ne peut pas être traité comme une île dans un catalogue immobilier. Le choix des mots de Trump renvoie ainsi à une pensée qui correspond plutôt au XIXe siècle, lorsque les États modernes prenaient, échangeaient ou achetaient encore des terres. Il est donc compréhensible que ce choix de mots ait fortement irrité la communauté internationale - et c'est précisément ce moment d'irritation qui a soudain fait du Groenland un sujet médiatique.
Réactions du Groenland : oui à la coopération, non à la vente
La réaction du Groenland lui-même est particulièrement intéressante, car elle a souvent été plus objective que le débat médiatique. Le message était à la fois clair et nuancé dans sa tendance : Le Groenland est ouvert à la coopération, aux investissements et au développement économique - mais il n'est pas à vendre.
C'est un point important, car il montre que la perspective groenlandaise n'est pas simplement „anti-USA“. De nombreux Groenlandais savent que la coopération américaine peut apporter des opportunités économiques et infrastructurelles. En même temps, la question de l'appartenance est une ligne rouge, car elle est directement liée à l'autodétermination, à l'identité culturelle et à la souveraineté décisionnelle démocratique.
Réactions du Danemark et de l'Europe : une frontière se dessine
Le Danemark a réagi très clairement en 2019. L'idée d'acheter le Groenland a été rejetée comme absurde. Mais ce qui s'est passé par la suite a été encore plus significatif : lorsque Trump a annulé une visite prévue au Danemark, il est devenu évident qu'une déclaration provocante peut basculer en quelques heures dans une crise diplomatique.
Dans les reprises ultérieures du thème - notamment à partir de fin 2024 et début 2026 - l'Europe est apparue plus unie. Un deuxième niveau apparaît ici : le Groenland n'est pas seulement un thème groenlandais ou danois, mais aussi un thème européen, car il s'agit de l'intégrité d'un État européen, de la politique arctique et de questions d'alliance.
Le sujet a ainsi pris une nouvelle acuité. Alors qu'en 2019, il y avait encore beaucoup de moqueries, les déclarations ultérieures ont été de plus en plus considérées comme des tests : Jusqu'où une grande puissance peut-elle aller dans sa rhétorique lorsqu'il s'agit de territoires au sein d'un système d'alliances ?
Le conflit central : „prise en charge“ comme concept contre la réalité
Si l'on rassemble toutes ces réactions, le conflit central apparaît clairement : le mot „reprise“ ne correspond pas à la réalité actuelle. Le Groenland n'est pas un objet que l'on pourrait réattribuer de l'extérieur. C'est un pays autonome au sein du royaume du Danemark, avec des institutions démocratiquement légitimées et un droit à l'autodétermination reconnu.
En même temps, le Groenland est si important sur le plan géopolitique que les intérêts extérieurs ne peuvent que croître, que ce soit ceux des États-Unis, de l'Europe ou d'autres puissances. C'est précisément de cela que naît la tension : entre la logique géopolitique et l'autodétermination politique.
Vue d'ensemble des intérêts passés au Groenland
| Année / Acteur | Événement / „Intérêt pour le Groenland“ | Pourquoi ça n'a pas marché |
|---|---|---|
| 1867-1868 ÉTATS-UNIS (entre autres, le secrétaire d'État William H. Seward) |
Après l'achat de l'Alaska, des réflexions ont été menées aux États-Unis pour acquérir également le Groenland (extension de l'Arctique, matières premières). Les discussions sont restées au stade de la discussion et aucune offre formelle n'a été faite. | Pas de soutien politique aux États-Unis ; l'idée n'a pas été développée en un projet concret et réalisable (entre autres, manque d'intérêt au Congrès). |
| 1910 ÉTATS-UNIS (Ambassadeur Maurice F. Egan / Cercle du gouvernement américain) |
Un jeu d'esprit/une proposition : un échange dans lequel les États-Unis mettaient en jeu des territoires (notamment Mindanao/Palawan) contre le Groenland et des colonies danoises. Cela est resté au niveau de l'exploration diplomatique. | Le Danemark a refusé ; de plus, la construction était politiquement et diplomatiquement extrêmement improbable (trop de parties prenantes, trop complexe, trop délicate). |
| 1917 États-Unis & Danemark (Antilles danoises / Îles Vierges américaines) |
Dans le cadre de l'acquisition des îles danoises des Antilles (aujourd'hui les îles Vierges américaines), le gouvernement américain a expressément reconnu la revendication/compétence du Danemark sur l'ensemble du Groenland - il s'agit en fait d'une consolidation du statut danois et non d'une tentative d'achat. | C'est précisément parce que les États-Unis ont reconnu la revendication du Danemark (dans le cadre d'un autre accord) que l'acquisition du Groenland est devenue politiquement moins probable - le statu quo a été renforcé. |
| 1946 ÉTATS-UNIS (Président Harry S. Truman) |
Offre formelle d'achat au Danemark : il est fait état de 100 millions de dollars US en or pour le Groenland (anciennement guerre froide, situation stratégique, logistique militaire). | Le Danemark a refusé ; au lieu d'un changement de propriété, il s'en est tenu à un accord de sécurité et à des droits militaires américains/une présence. Le Groenland était stratégiquement sensible pour le Danemark et politiquement inaliénable. |
| 2019 (août) ÉTATS-UNIS (Président Donald Trump) |
Trump a confirmé publiquement qu'il avait été question d'un „achat“ du Groenland au sein de son administration. Après le refus du Danemark, Trump a annulé sa visite au Danemark, ce qui a provoqué un malaise diplomatique. | Le Danemark a déclaré l'idée „absurde“ et le Groenland a été clair : coopération oui, vente non. Politiquement et juridiquement, il n'y avait aucune base pour un „achat“. |
| 2024 (décembre) ÉTATS-UNIS (Trump en tant que président élu) |
Trump a repris le sujet et a parlé d„“ownership and control" comme d'une nécessité en matière de politique de sécurité - plus fortement qu'en 2019, mais toujours sans mécanisme concret et réaliste. | Le Groenland et le Danemark ont à nouveau rejeté l'idée („pas à vendre“). La notion d„“ownership" se heurte à l'autodétermination et à la politique d'alliance. |
| 2026 (janvier) ÉTATS-UNIS (Maison Blanche / entourage de Trump) |
Rhétorique élargie : des „options“ ont été discutées, y compris des modèles de liens étroits (par exemple des constructions de type COFA) - accompagnées d'une menace politique („tout est une option“). | Ici aussi, pas de changement de statut sans l'accord du Groenland. De plus, le Danemark/l'Europe (et la logique de l'OTAN) constituent un frein politique sévère à toute forme d'annexion/de reprise. |
Le Groenland entre autonomie, matières premières et nouvelles convoitises
Le reportage suivant dresse un tableau complexe du Groenland, entre passé colonial, défis sociaux actuels et nouveaux intérêts géopolitiques. Partant de la demande de Donald Trump que le Groenland fasse partie des Etats-Unis, le film montre pourquoi ces déclarations suscitent une grande inquiétude sur l'île elle-même et au Danemark.
Le Groenland entre le Danemark et Trump | ARTE Re :
Les Groenlandais comme Nukannguaq Zeeb, profondément enracinés dans des traditions telles que la chasse et la pêche, voient d'un mauvais œil la persistance de l'influence danoise et ne considèrent pas le Groenland comme réellement indépendant, malgré l'autonomie formelle accordée depuis 1953. Parallèlement, la fonte des glaces et les ressources minières accessibles suscitent l'intérêt des investisseurs internationaux, notamment dans le secteur minier. Mais le reportage met également en évidence les lignes de fracture sociale : déficits de formation, dépendances et manque de perspectives. Le Groenland évolue ainsi entre des liens anciens et de nouvelles dépendances - et le souhait de nombreux habitants de pouvoir un jour décider eux-mêmes de leur avenir.
A quel point une „prise de contrôle“ du Groenland est-elle réaliste ?
Avant de parler de scénarios, il vaut la peine de vérifier brièvement la réalité : le mot „reprise“ évoque le rachat d'une entreprise, un changement de propriété, un acte politique rapide. C'est précisément cette idée qui constitue la principale erreur dans le cas du Groenland. Les États et les territoires avec leur propre population ne fonctionnent pas selon le principe d'un contrat de vente. Et le Groenland, en particulier, est aujourd'hui dans une position politique telle que la simple logique de possession est non seulement inappropriée, mais pratiquement inefficace.
C'est pourquoi la question décisive n'est pas de savoir si quelqu'un „veut“ le Groenland, mais quelles sont les voies ouvertes dans la réalité - sur le plan juridique, politique et social. Ce n'est qu'en distinguant ces différents niveaux que le débat pourra être mené de manière objective.
Les frontières juridiques : Le Groenland n'est pas à vendre
D'un point de vue juridique, la situation est relativement claire : le Groenland est une partie autonome du royaume du Danemark, avec son propre gouvernement et un droit reconnu à l'autodétermination. Cela signifie qu'un changement fondamental de statut ne peut pas être simplement décidé de l'extérieur. Une „vente“ serait non seulement difficilement envisageable sur le plan politique, mais elle se heurterait au principe fondamental selon lequel la population doit décider elle-même de son avenir.
Un autre point s'y ajoute : même si le Danemark était théoriquement prêt à discuter d'une forme quelconque de cession ou de transfert - ce qui n'est déjà guère réaliste - le consentement du Groenland ne serait pas automatiquement acquis. L'ordre international moderne est lié, du moins dans ses prétentions, à l'idée que les êtres humains ne sont pas une matière à négociation.
Réalité politique : alliances, traités et lignes rouges
Outre le niveau juridique, la réalité politique est déterminante. Le Groenland fait partie d'un ensemble d'États européens, le Danemark est membre de l'OTAN et les États-Unis font également partie de cette alliance. Ne serait-ce que pour cette raison, l'idée d'une „prise de contrôle“ est extrêmement improbable dans la pratique, car elle impliquerait une rupture avec la logique de l'alliance.
Même si l'on considère les déclarations de Trump comme un langage de négociation, l'essentiel demeure : dans un système d'alliances, les revendications territoriales ne sont pas seulement une question de puissance, mais aussi une question de confiance, de stabilité et de crédibilité internationale. Une escalade sérieuse échouerait moins en raison d'un accord groenlandais que des coûts politiques consécutifs.
C'est un point qui est sous-estimé dans de nombreux débats : La politique étrangère n'est pas faite d'exigences maximales, mais d'arrangements viables. Et un arrangement qui met publiquement un partenaire sous pression est rarement stable à long terme.
La perspective du Groenland : l'autodétermination plutôt que le changement de camp
En fin de compte, c'est l'attitude des habitants du Groenland qui est déterminante. Une ligne claire se dégage de nombreuses réactions : le Groenland est ouvert à la coopération, aux investissements et à la collaboration pragmatique - mais il ne veut pas être traité comme un objet. Cette attitude n'est pas idéologique, elle est compréhensible. Ceux qui ont construit une plus grande autonomie au fil des décennies ne considèrent pas un éventuel changement de statut comme une „transaction de troc“, mais comme une question d'identité et d'avenir.
En même temps, la position groenlandaise est souvent plus nuancée que ce qui est présenté dans les débats européens. Il ne s'agit pas automatiquement d'un „ou bien“, ni d'un "Danemark ou États-Unis", mais d'une marge de manœuvre. Certains Groenlandais voient des opportunités dans une coopération plus étroite avec les États-Unis, d'autres mettent davantage l'accent sur les liens avec le Danemark ou l'Europe. Mais presque toutes les voix centrales soulignent la même ligne de fond : les décisions doivent être prises au Groenland même.
Ce qui est plus probable qu'une prise de contrôle
Si l'on examine froidement les développements intervenus jusqu'à présent, trois scénarios sont nettement plus réalistes que toute forme de „prise de contrôle“ :
- Une politique économique et de sécurité plus forte Coopération avec les États-Unis, sans changer de statut. D'une certaine manière, c'est déjà une réalité depuis des décennies, mais elle pourrait s'intensifier - par exemple par le biais de projets d'infrastructure, de recherche, de partenariats pour les matières premières ou d'accords de sécurité supplémentaires.
- Une évolution à long terme vers une plus grande autonomie, et, éventuellement, vers l'indépendance. Cette question existe depuis longtemps au Groenland. Il ne s'agit toutefois pas seulement d'une question de volonté politique, mais aussi de viabilité économique, de capacité administrative et d'intégration internationale.
- Un Développement de la coopération européenne et nordique, Le Groenland pourrait ainsi devenir un partenaire plus autonome, sans pour autant quitter formellement le royaume. Il s'agirait là aussi d'une forme intermédiaire : un poids plus important vis-à-vis de l'extérieur, sans avoir à supporter la pleine charge de l'indépendance de l'État.
Ces scénarios semblent moins spectaculaires que les gros titres sur „l'achat“ ou „l'annexion“. Mais ils correspondent nettement mieux aux mécanismes réels de la politique moderne.
Dernier sondage sur la confiance dans la politique
Pourquoi le débat est malgré tout à prendre au sérieux
Le fait qu'une „prise de contrôle“ soit improbable ne signifie pas que le débat n'est pas pertinent. Au contraire, il montre à quel point les intérêts géopolitiques se déplacent. L'Arctique prend de l'importance, les questions de matières premières deviennent plus politiques, les nouvelles routes maritimes modifient les calculs stratégiques. Et dans de telles phases, des situations de pression se créent souvent - pas nécessairement par des chars, mais par des investissements, des dépendances, des récits et une symbolique politique.
Le Groenland est un exemple particulièrement sensible, car il est grand, riche en matières premières et précieux d'un point de vue géopolitique, mais possède en même temps une petite population qui n'a développé son autodétermination de manière significative qu'au cours des dernières décennies. Manipuler un langage grossier dans ce contexte, c'est risquer des frictions qui pourraient à long terme nuire à la confiance.
JD Vance : l'Europe doit prendre les déclarations de Trump au sérieux
Le vice-président américain JD Vance a, selon un Article de SPIEGEL Online a appelé les Etats européens à prendre au sérieux les déclarations répétées du président Donald Trump sur l'importance stratégique du Groenland et à ne plus les ignorer. Vance a souligné que l'Europe n'avait jusqu'à présent „pas fait assez“ pour renforcer la situation sécuritaire dans l'Arctique et a averti que les Etats-Unis pourraient également agir unilatéralement si leurs intérêts n'y étaient pas suffisamment pris en compte.
Parallèlement, les responsables politiques européens et danois ont réagi en critiquant et en réaffirmant la souveraineté du Groenland et le droit à l'autodétermination de la population de l'île. Plusieurs pays européens ont soutenu publiquement le Danemark et le Groenland et ont clairement indiqué que les décisions concernant le Groenland ne pouvaient être prises qu'en accord avec ses habitants et l'État danois.
Le Groenland entre politique symbolique et intérêts à long terme
Si l'on résume tout, il reste un classement sobre : les déclarations de Donald Trump ont rendu le Groenland visible, mais elles n'ont pas changé les bases. Le Groenland s'est développé au fil de l'histoire, est devenu politiquement plus autonome et n'est pas „négociable“ sur le plan juridique. Une véritable reprise serait donc extrêmement improbable dans la pratique.
En même temps, le Groenland est depuis longtemps plus qu'une île éloignée au nord. C'est un symbole de la manière dont les espaces d'intérêts internationaux se déplacent - et de la rapidité avec laquelle les anciennes façons de penser peuvent réapparaître lorsque des avantages stratégiques sont en jeu. Pour comprendre sérieusement le débat, il faut donc garder deux choses à l'esprit en même temps : les limites fixes du droit et les forces mouvantes de la géopolitique.
C'est peut-être là la véritable leçon du débat actuel : Toutes les déclarations provocantes ne décrivent pas une possibilité réelle. Mais elle suffit parfois à mettre en lumière un sujet qui gagne de toute façon en importance.
Si le Groenland est aujourd'hui au centre de l'attention, ce n'est pas tant à cause de Trump que parce que le monde change - et l'Arctique avec lui.
Völkerrecht zwischen Anspruch, Realität und Sprachgebrauch
Im Beitrag „Ordre mondial fondé sur des règles et droit international“ hinterfrage ich kritisch, wie Begriffe wie Völkerrecht und regelbasierte Weltordnung im politischen Diskurs verwendet werden. Laut dem Artikel wird der Begriff „regelbasiert“ heute reflexartig genutzt, wenn Konflikte aufgefasst oder bewertet werden, doch oft ohne klare rechtliche Grundlage.
Völkerrecht sei kein moralisches Siegel, sondern ein rechtliches Gerüst aus Verträgen und anerkannten Prinzipien, das Staaten freiwillig akzeptieren, weil es langfristig Stabilität schafft. Im Gegensatz dazu bleibe die „regelbasierte Weltordnung“ häufig vage und dehnbar, wodurch sie eher als politisches Narrativ dient. Genau diese Unschärfe lenkt von der eigentlichen rechtlichen Substanz weg und macht Debatten unpräzise.
Sources intéressantes et approfondies sur le Groenland
- DIIS - „Pourquoi le Greenland fait-il partie du royaume du Danemark ?“Cette recherche du Danish Institute for International Studies explique en détail comment l'appartenance du Groenland au Danemark s'est développée au fil de l'histoire - depuis l'époque viking jusqu'aux droits modernes à l'autonomie, en passant par l'union dano-norvégienne. La présentation associe les faits historiques aux bases juridiques et place les récentes déclarations de Trump dans un contexte à long terme. La manière dont la source retrace pas à pas le développement de l'autonomie et explique pourquoi le Groenland n'est aujourd'hui ni une situation coloniale ni un objet à négocier est particulièrement précieuse.
- AP News - „L'histoire du Greenland : les Vikings, le Danemark, la Seconde Guerre mondiale“Cette compilation offre un aperçu historique de la première colonisation jusqu'à la position autonome actuelle. Elle met en lumière la manière dont différents groupes - des Inuits aux colons nordiques en passant par la présence militaire américaine pendant la Seconde Guerre mondiale - ont façonné le Groenland. La section consacrée à la tentative américaine d'acheter le Groenland en 1946 et à la manière dont le statut du Groenland a évolué depuis lors est particulièrement importante. Cette source est un excellent complément à ton chapitre historique.
- RTE - „Un bref historique de l'intérêt des États-Unis pour le Greenland“Cet article de fond retrace la longue relation, parfois controversée, des Etats-Unis avec le Groenland, des premiers intérêts américains à la nouvelle initiative de Trump. Il explique notamment la présence militaire, les considérations stratégiques et les revirements diplomatiques au fil du temps. La force de cette source réside dans le lien qu'elle établit entre les moments historiques et les dynamiques politiques actuelles, ce qui en fait une référence particulièrement utile pour ton article.
- VisitGreenland.com - „L'intérêt américain au Groenland“Cette vue d'ensemble combine des données historiques avec une chronologie des événements importants qui révèle les aspects culturels et politiques. De l'immigration des Inuits aux déclarations de Trump en décembre 2024 et à la visite de Donald Trump Jr. en 2025, le rôle du Groenland sur la scène internationale est présenté de manière pointue. La chronologie et la représentation précise des intérêts stratégiques rendent cette source particulièrement précieuse pour une mise en perspective et une chronologie.
- Wikipedia - „Det Grønlandske Selskab“ (le Conseil national norvégien)“Ce documentaire sur la société scientifique pour l'étude du Groenland décrit plus d'un siècle de recherche et de débats sur le Groenland. Les informations sur les publications, les projets culturels et les échanges entre le Danemark et le Groenland sont particulièrement instructives. Même s'il ne s'agit pas d'une source politique classique, elle fournit des aperçus culturels et socio-historiques profonds qui peuvent enrichir ton article.
- Wikipedia - „Traité du Groenland“ (1984)Le traité du Groenland de 1984 est un événement clé dans l'évolution politique : il a dissous l'appartenance du Groenland à la Communauté économique européenne, après qu'un référendum organisé au Groenland en 1982 a décidé de son retrait. Cette source explique le contexte, les conséquences politiques qui en ont découlé et le statut du Groenland en tant que territoire d'outre-mer associé. Cette dimension juridique permet de comprendre que la position politique particulière du Groenland a également été appréciée au niveau européen.
- AP News - „Les législateurs du Greenland forment un nouveau gouvernement“ : cette nouvelle récente décrit comment les parlements groenlandais ont formé un nouveau gouvernement en mars 2025, juste un jour avant la visite du vice-président américain JD Vance. Cette source montre à quel point la stabilité politique, la recherche d'un consensus en politique intérieure et les rencontres internationales sont étroitement liées. Elle est un bon exemple de la manière dont le Groenland prend activement des décisions politiques au lieu de se contenter de réagir aux intérêts extérieurs.
- Reuters - „L'administration Trump annule les paiements pour éviter que Greenlanders...“ : un rapport récent indiquant que le gouvernement américain envisage d'offrir des incitations financières aux Groenlandais afin d'influencer leur position sur un éventuel changement de statut. Cette source montre avec force à quoi pourraient ressembler les stratégies politiques modernes - controversées et contestées - tout en donnant un aperçu des réactions du Groenland et de l'Europe, qui rejettent fermement une telle idée.
- Guardian - „Les Etats-Unis ‘n'ont pas le droit’ de prendre le contrôle du Greenland...“Un rapport récent sur l'opposition claire de la politique danoise aux revendications américaines sur le Groenland. La source ne documente pas seulement les déclarations politiques, mais les classe également en termes de politique de sécurité - y compris le scepticisme vis-à-vis des actions américaines dans le contexte international. De telles déclarations sont importantes pour présenter et étayer les réactions d'acteurs souverains dans l'article.
- Guardian - „85% de Greenlanders ne veulent pas rejoindre les États-Unis“Cette évaluation du sondage montre à quel point la population groenlandaise est clairement opposée à l'adhésion aux États-Unis, même en cas d'intérêts extérieurs persistants. De telles données empiriques sont particulièrement précieuses pour étayer ton argumentation par une position réelle de la population - donc pas seulement des déclarations politiques, mais des images réelles de l'opinion.
- Reuters / Tagesspiegel - „Soutien européen pour Greenland et le Danemark“Ce rapport montre la solidarité européenne face aux revendications américaines et souligne le point de vue selon lequel le Groenland et le Danemark décident eux-mêmes de leurs affaires. La mention de déclarations communes de dirigeants européens rend cette source idéale pour la partie de ton article consacrée aux réactions globales et aux questions d'alliance.
- Apollo / The Dial - „The Pursuit of Greenland“ (essai photographique & analyse)
Un essai journalistique qui met en lumière des aspects à la fois stratégiques et culturels : Les tentatives de Trump d'influencer l'opinion publique au Groenland, la dynamique entre les aspirations à l'indépendance et les intérêts étrangers, ainsi que la présence historique des États-Unis. Cette source est particulièrement adaptée si tu souhaites créer dans ton article une profondeur visuelle, narrative et contextuelle qui va au-delà des simples faits.
Foire aux questions
- Pourquoi le Groenland est-il soudainement au centre de l'attention publique ?
Le Groenland n'est pas devenu soudainement important, il est devenu visible. Les déclarations répétées de Donald Trump ont fait remonter à la surface un sujet qui est pertinent depuis longtemps sur le plan géopolitique : l'importance stratégique de l'Arctique. Les nouvelles routes maritimes, les matières premières et les systèmes militaires d'alerte précoce placent inévitablement le Groenland au centre des intérêts internationaux. Le choix des mots de Trump n'a fait qu'accélérer cette évolution et l'accentuer sur le plan médiatique. - Le Groenland fait-il partie du Danemark ou est-il un pays à part entière ?
Le Groenland fait formellement partie du royaume du Danemark, mais dispose d'une large autonomie administrative. Il dispose de son propre parlement et de son propre gouvernement. De nombreuses affaires intérieures sont réglées de manière totalement autonome. Parallèlement, le Groenland n'est pas un État souverain au sens du droit international, mais fait partie d'un ensemble d'États dont les compétences sont clairement définies. - Le Danemark peut-il vendre ou céder le Groenland ?
Non. Même si le Danemark le souhaitait sur le plan politique, une vente ne serait guère possible sur le plan juridique et pratique. La loi sur l'autogestion reconnaît explicitement le droit à l'autodétermination de la population groenlandaise. Un changement fondamental de statut ne peut se faire qu'avec l'accord des Groenlandais eux-mêmes. Les territoires avec leur propre population ne sont pas des biens commercialisables. - Qu'a dit exactement Donald Trump au sujet du Groenland ?
Trump a parlé à plusieurs reprises de vouloir „acheter“ le Groenland ou de le placer sous „contrôle“ américain. Ces déclarations n'étaient généralement pas spécifiques et restaient sans élaboration politique concrète. Elles reflètent davantage le langage et le mode de pensée personnels de Trump qu'un plan réaliste de politique étrangère. - De telles idées d'achat existaient-elles déjà avant Trump ?
Oui. Les États-Unis se sont déjà intéressés au Groenland à plusieurs reprises aux 19e et 20e siècles. On connaît en particulier une offre formelle d'achat faite en 1946 sous la présidence de Truman. A l'époque également, le Danemark a refusé. Au lieu d'acquérir la propriété, les Etats-Unis ont misé à long terme sur une présence militaire et des accords. - Pourquoi le Groenland est-il si stratégiquement intéressant pour les États-Unis ?
Le Groenland est géographiquement situé entre l'Amérique du Nord et l'Europe et fait partie des routes centrales de l'Arctique. Cette situation est particulièrement précieuse pour les systèmes d'alerte précoce militaires, la surveillance par satellite et la politique de sécurité. A cela s'ajoutent les matières premières potentielles et l'influence croissante de l'Arctique dans le cadre du changement climatique. - Quel est le rôle de la base militaire américaine au Groenland ?
La base américaine de Pituffik (anciennement Thulé) fait partie de l'architecture de sécurité américaine depuis des décennies. Son existence montre que les Etats-Unis ont déjà une influence considérable - sans que le Groenland soit un territoire américain. La présence en matière de politique de sécurité ne remplace pas la possession, mais la rend également superflue. - Comment les habitants du Groenland ont-ils réagi aux déclarations de Trump ?
Les réactions ont été majoritairement calmes, mais claires. Le Groenland est ouvert à la coopération, aux investissements et aux partenariats, mais il n'est pas à vendre. De nombreux politiciens groenlandais ont insisté sur le fait que les décisions concernant l'avenir du pays devaient être prises exclusivement par sa propre population. - Le Groenland est-il économiquement dépendant du Danemark ?
Oui, en partie. Le Groenland reçoit une aide financière annuelle du Danemark. Parallèlement, il gère lui-même ses ressources naturelles et tente de devenir économiquement plus indépendant. Cette dépendance est l'une des raisons pour lesquelles la question de l'indépendance est complexe et s'inscrit dans le long terme. - Le Groenland pourrait-il devenir indépendant ?
En principe, oui. La loi sur l'autonomie gouvernementale prévoit expressément que le Groenland peut se déclarer indépendant si la population le décide dans le cadre d'un processus démocratique. Toutefois, la question de savoir si et quand cela est utile ou réaliste dépend de facteurs économiques, politiques et sociaux. - L'indépendance serait-elle synonyme d'adhésion aux États-Unis ?
Non. L'indépendance signifie d'abord un État propre, pas automatiquement un changement de camp. Le Groenland pourrait ensuite conclure ses propres alliances et partenariats. Un rattachement direct aux États-Unis serait politiquement, culturellement et socialement très controversé. - Quel est le rôle de l'Europe dans cette question ?
L'Europe est indirectement très concernée parce que le Groenland fait partie d'un État européen et parce que la politique arctique touche de plus en plus aux intérêts économiques et de sécurité européens. Les réactions européennes ont donc été très claires lorsque les déclarations de Trump sont devenues plus virulentes. - Pourquoi le mot „acheter“ suscite-t-il une telle résistance au niveau international ?
Parce qu'il suggère une pensée qui est historiquement dépassée. L'ordre international moderne repose, du moins formellement, sur l'autodétermination, le droit international et les traités. Le terme „acheter“ ignore la population, la démocratie et le cadre juridique - et semble donc provocateur et anachronique. - Les déclarations de Trump ont-elles déclenché des processus politiques réels ?
Directement, plutôt pas. Mais indirectement, il a attiré l'attention. Le Groenland, le Danemark et l'Europe ont dû prendre position et l'importance géopolitique de l'Arctique est devenue plus visible. En ce sens, le débat a agi comme un catalyseur plutôt que comme un déclencheur. - Une escalade militaire est-elle réaliste ?
C'est très peu probable. Le Groenland se trouve à l'intérieur d'un pays de l'OTAN, et les États-Unis font eux-mêmes partie de cette alliance. Toute escalade militaire entraînerait des bouleversements politiques et diplomatiques massifs et n'est pas réaliste par rapport aux gains possibles. - Pourquoi l'Arctique dans son ensemble devient-il de plus en plus important ?
Le changement climatique modifie les routes commerciales, rend les matières premières plus accessibles et déplace les intérêts stratégiques vers le nord. Des pays comme les États-Unis, la Russie et la Chine investissent de plus en plus dans l'infrastructure et la recherche arctiques. Le Groenland se trouve au cœur de ces tensions. - Qu'est-ce qui est plus réaliste qu'une „prise de contrôle“ du Groenland ?
Des coopérations plus étroites sont nettement plus réalistes : sur le plan économique, de la politique de sécurité ou des infrastructures. Une extension progressive de l'autonomie groenlandaise est également plus probable que toute forme d'annexion ou de changement de propriété. - Que reste-t-il comme évaluation globale et sobre ?
Le Groenland n'est pas un objet, mais un acteur politique avec sa propre histoire, sa population et sa voix. Les déclarations de Trump ont attiré l'attention, mais n'ont pas changé les réalités fondamentales. L'avenir du Groenland ne se décide pas à Washington ou à Copenhague, mais au Groenland même - lentement, politiquement et démocratiquement.











