Apple en mutation : premiers appareils, expériences personnelles et une exposition à l'OCM

Apple Macintosh Classic et Color Classic

Si tu t'intéresses à l'histoire de l'informatique, un coup d'œil au musée de l'informatique d'Oldenburg vaut particulièrement la peine. Le musée fait partie de ces endroits qui n'ont pas besoin d'être bruyants pour faire impression et propose à partir d'avril une exposition spéciale intitulée „50 ans de l'ordinateur Apple“. Depuis de nombreuses années, la technique n'y est pas seulement exposée, mais maintenue vivante. Les appareils ne sont pas placés derrière des vitres, mais souvent prêts à fonctionner sur des tables - comme ils étaient réellement utilisés autrefois.

C'est justement ce qui fait la différence. Tu n'y verras pas simplement de vieux ordinateurs, mais tu pourras te faire une idée de ce qu'étaient le travail, le jeu et la réflexion avec ces machines. Des premiers ordinateurs domestiques aux ordinateurs de bureau classiques en passant par des pièces uniques, tout y est représenté - soigneusement collecté, entretenu et surtout classé de manière compréhensible.

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Jean-Sébastien Bach - Ordre, attitude et fondement de notre musique

Portrait de Johann Sebastian Bach

Enfant et adolescent, j'ai grandi dans une famille de musiciens. Mes deux parents sont professeurs de musique. Ma mère joue de la flûte traversière, mon père du piano. Chez nous, la musique n'était pas un fond décoratif, mais un élément naturel de la vie quotidienne. On s'exerçait, on enseignait, on discutait, on luttait parfois aussi. Les partitions étaient ouvertes sur le piano à queue, pas dans l'armoire.

J'ai moi-même joué du piano, puis du saxophone. Et comme beaucoup de ceux qui suivent une formation classique, je me suis retrouvé à un moment donné avec Jean-Sébastien Bach - plus précisément avec le premier prélude du „Clavier bien tempéré“. Je peux encore le jouer. Peut-être plus de manière impeccable, il faudrait que je m'entraîne à nouveau. Mais la structure de ce morceau est encore présente dans mon esprit aujourd'hui. Cette suite calme d'accords brisés, l'harmonie claire, l'ordre évident - même en tant qu'élève, on sent que quelque chose de porteur se passe ici. Ce portrait est dédié à ma mère pour ses 70 ans, qui m'a permis d'apprendre le piano à cette époque.

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Cancel Culture en Occident : sport, universités, armée et sanctions de l'UE analysés

Cancel Culture à l'Ouest

Lorsque l'on entend aujourd'hui le mot „Cancel Culture“, on pense rapidement aux universités, aux réseaux sociaux ou à des individus célèbres qui subissent des pressions à cause d'une déclaration irréfléchie. A l'origine, le phénomène était effectivement fortement ancré dans l'espace culturel et académique. Il s'agissait de boycotts, de protestations, de prises de distance symboliques. Mais ces dernières années, quelque chose s'est déplacé. La dynamique s'est développée, elle est devenue plus sérieuse - et surtout : elle est devenue plus politique.

Aujourd'hui, nous n'observons pas seulement des débats isolés autour de conférences ou de posts sur Twitter. Nous voyons des sportifs qui ne peuvent pas concourir. Des artistes dont les programmes sont supprimés. Des professeurs qui subissent de fortes pressions. Des militaires dont les déclarations font des vagues internationales en quelques heures. Des États qui tiennent des listes. Des interdictions d'entrée sur le territoire. Des sanctions qui ne touchent pas seulement des institutions, mais des personnes concrètes.

C'est plus qu'un phénomène culturel marginal. C'est devenu un mécanisme politique.

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Helge Schneider : l'attitude, l'humour et la liberté de ne pas devoir s'expliquer

Portrait de Helge Schneider

J'ai remarqué Helge Schneider très tôt. Non pas parce qu'il était particulièrement bruyant ou qu'il s'imposait sur le devant de la scène - plutôt le contraire. C'est ce mélange particulier d'absurdité intelligente, de pensée latérale linguistique et d'évidence musicale qui m'a marqué. Dès le début, quelque chose a semblé différent. Impassible, sans agitation. Pas impressionné. Et surtout : pas besoin d'explication.

Ce portrait n'est donc pas un texte de fans. Ce n'est pas non plus un clin d'œil ironique ni une tentative de classer Helge Schneider dans une catégorie culturelle. Il s'agit plutôt d'une tentative de considérer une personnalité qui, depuis des décennies, se soustrait systématiquement à toute appropriation - et qui, justement, fait preuve d'une certaine attitude.

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Comment était la Syrie avant la guerre ? Qui gouverne aujourd'hui ? Qu'est-ce que cela signifie pour les personnes qui ont fui en Allemagne ?

La Syrie et Damas

La Syrie n'est pas pour moi un pays d'actualités abstrait, un simple concept de crise issu des gros titres. Je suis ce pays - à distance, mais de manière continue - depuis une vingtaine d'années. Pas par activisme politique, mais par intérêt sincère. La Syrie a toujours été pour moi un exemple montrant que le monde est plus compliqué que les simples récits du bien et du mal. C'est un pays du Moyen-Orient qui était organisé de manière laïque, qui fonctionnait de manière relativement stable et dont la société semblait nettement plus moderne que ce que beaucoup auraient pu attendre.

Un point supplémentaire qui a très tôt éveillé mon intérêt est la personne même de Bachar el-Assad. Un homme qui avait fait ses études en Suisse, qui avait une formation d'ophtalmologue, qui connaissait les réalités de la vie occidentale - et qui s'est retrouvé à la tête d'un État du Moyen-Orient. Cela ne correspondait pas aux schémas habituels. J'ai été d'autant plus irrité d'observer la rapidité avec laquelle la perception publique s'est rétrécie, comment un État complexe est devenu en quelques années un simple symbole de violence, de fuite et de simplification morale. Pour moi, le choc n'a pas tant résidé dans le fait que la Syrie soit entrée en guerre - l'histoire connaît de nombreuses ruptures de ce type - que dans le peu de place qu'il restait ensuite pour la différenciation. Cet article est donc aussi une tentative de remettre de l'ordre dans un sujet qui, dans les médias, n'est souvent plus raconté que comme un chaos.

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Plus que du punk : Nina Hagen, Cosma Shiva et l'art de ne pas se laisser accaparer

Portrait de Nina et Cosma Shiva Hagen

Lorsque tu t'approches d'un portrait de Nina Hagen, la tentation est grande de parler d'abord de musique. Du punk, de la provocation, des performances criardes. De tout ce qui est bruyant et visible. Ce portrait commence volontairement différemment. Pas par les chansons, pas par les styles, pas par les images. Mais par quelque chose de plus discret - et de plus porteur : l'attitude.

L'attitude n'est pas une étiquette. Elle ne s'habille pas comme un costume, ne se colle pas après coup, ne s'explique pas par le marketing. L'attitude se manifeste dans le comportement précoce, bien avant que quelqu'un ne devienne célèbre. Elle se manifeste dans la manière dont on réagit aux limites, aux contradictions, au pouvoir. Et c'est là que Nina Hagen devient intéressante - pas en tant qu'icône, mais en tant que personnalité.

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Comprendre l'Iran : Vie quotidienne, protestations et intérêts au-delà des gros titres

Comprendre l'Iran

Peu de pays évoquent des images aussi fixes que l'Iran. Avant même qu'un seul détail ne soit mentionné, les associations sont déjà là : mollahs, oppression, protestations, fanatisme religieux, un État en conflit permanent avec sa propre population. Ces images sont si familières qu'elles ne sont presque plus remises en question. Elles semblent aller de soi, presque comme des connaissances générales.

Et c'est là que réside le problème. Car ce „savoir“ provient rarement d'une expérience personnelle. Elle provient de gros titres, de commentaires, de récits répétés pendant des années. L'Iran est l'un de ces pays sur lesquels beaucoup de gens ont des opinions très claires - bien qu'ils n'y aient jamais mis les pieds, ne parlent pas la langue, ne connaissent pas la vie quotidienne. L'image est complète, fermée, apparemment sans contradiction. Et c'est justement pour cela qu'elle est si convaincante. Mais que se passe-t-il lorsqu'une image devient trop lisse ?

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Dieter Hallervorden - Plus de Didi : Portrait d'un esprit libre et inconfortable

Dieter Hallervorden et les Wühlmäuse à Berlin

Il y a des personnages qui collent aux basques d'une personne toute sa vie. Certains comme un costume mal ajusté, d'autres comme un vieil ami qui passe et repasse sans qu'on le lui demande. Chez Dieter Hallervorden, cet ami s'appelle „Didi“. Et il ne sonne pas, il frappe. Sur un gong imaginaire. Palim, Palim ! - et presque tout le monde sait déjà de qui il s'agit.

Mais c'est justement là que commence le malentendu. Car si l'on réduit Dieter Hallervorden à ce seul moment, à ce numéro de slapstick, à ce visage trébuchant et à cette naïveté exagérée, on passe à côté du véritable homme qui se cache derrière. Le plaisantin n'était jamais que la surface. En dessous, il y avait un esprit plus vif que beaucoup ne le pensaient - et un caractère qui n'aimait pas qu'on lui dise ce qu'il fallait faire. Ce portrait n'est donc pas une rétrospective nostalgique des divertissements télévisés des décennies passées. C'est une tentative de prendre au sérieux un artiste qui, pendant des décennies, a délibérément refusé d'être pris au sérieux - et c'est précisément pour cette raison qu'il était si efficace.

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