Helge Schneider : l'attitude, l'humour et la liberté de ne pas devoir s'expliquer

Portrait de Helge Schneider

J'ai remarqué Helge Schneider très tôt. Non pas parce qu'il était particulièrement bruyant ou qu'il s'imposait sur le devant de la scène - plutôt le contraire. C'est ce mélange particulier d'absurdité intelligente, de pensée latérale linguistique et d'évidence musicale qui m'a marqué. Dès le début, quelque chose a semblé différent. Impassible, sans agitation. Pas impressionné. Et surtout : pas besoin d'explication.

Ce portrait n'est donc pas un texte de fans. Ce n'est pas non plus un clin d'œil ironique ni une tentative de classer Helge Schneider dans une catégorie culturelle. Il s'agit plutôt d'une tentative de considérer une personnalité qui, depuis des décennies, se soustrait systématiquement à toute appropriation - et qui, justement, fait preuve d'une certaine attitude.

Lire la suite

Plus que du punk : Nina Hagen, Cosma Shiva et l'art de ne pas se laisser accaparer

Portrait de Nina et Cosma Shiva Hagen

Lorsque tu t'approches d'un portrait de Nina Hagen, la tentation est grande de parler d'abord de musique. Du punk, de la provocation, des performances criardes. De tout ce qui est bruyant et visible. Ce portrait commence volontairement différemment. Pas par les chansons, pas par les styles, pas par les images. Mais par quelque chose de plus discret - et de plus porteur : l'attitude.

L'attitude n'est pas une étiquette. Elle ne s'habille pas comme un costume, ne se colle pas après coup, ne s'explique pas par le marketing. L'attitude se manifeste dans le comportement précoce, bien avant que quelqu'un ne devienne célèbre. Elle se manifeste dans la manière dont on réagit aux limites, aux contradictions, au pouvoir. Et c'est là que Nina Hagen devient intéressante - pas en tant qu'icône, mais en tant que personnalité.

Lire la suite

Dieter Hallervorden - Plus de Didi : Portrait d'un esprit libre et inconfortable

Dieter Hallervorden et les Wühlmäuse à Berlin

Il y a des personnages qui collent aux basques d'une personne toute sa vie. Certains comme un costume mal ajusté, d'autres comme un vieil ami qui passe et repasse sans qu'on le lui demande. Chez Dieter Hallervorden, cet ami s'appelle „Didi“. Et il ne sonne pas, il frappe. Sur un gong imaginaire. Palim, Palim ! - et presque tout le monde sait déjà de qui il s'agit.

Mais c'est justement là que commence le malentendu. Car si l'on réduit Dieter Hallervorden à ce seul moment, à ce numéro de slapstick, à ce visage trébuchant et à cette naïveté exagérée, on passe à côté du véritable homme qui se cache derrière. Le plaisantin n'était jamais que la surface. En dessous, il y avait un esprit plus vif que beaucoup ne le pensaient - et un caractère qui n'aimait pas qu'on lui dise ce qu'il fallait faire. Ce portrait n'est donc pas une rétrospective nostalgique des divertissements télévisés des décennies passées. C'est une tentative de prendre au sérieux un artiste qui, pendant des décennies, a délibérément refusé d'être pris au sérieux - et c'est précisément pour cette raison qu'il était si efficace.

Lire la suite

Vicco von Bülow alias Loriot - L'ordre, la forme et la résistance silencieuse de l'humour

Il y a des artistes qui impriment leur opinion comme un tampon sur le papier : visible, indéniable, parfois même un peu bon marché. Et puis il y a Vicco von Bülow - Loriot - qui incarne le contraire : Une attitude sans tapage. Il pouvait, s'il le voulait, être très clair. Mais il ne le faisait pas avec l'index, mais avec une précision qui conduit d'abord au rire, puis - presque imperceptiblement - au sérieux. C'est justement dans les interviews ultérieures qu'on le voit : il ne parle pas par slogans, mais par nuances. Entre les lignes, il y a souvent plus de clarté que dans certains discours bruyants.

Et c'est peut-être là que commence le véritable portrait : pas dans les fameux sketches, pas dans les citations que tout le monde connaît, mais dans la question de savoir comment un homme devient tel qu'il peut à la fois regarder le monde avec gentillesse et une précision implacable.

Lire la suite

Jeffrey Sachs met en garde l'Allemagne : pourquoi la sécurité de l'Europe doit être repensée

Jeffrey Sachs écrit une lettre ouverte au chancelier Merz

Dans sa lettre ouverte au chancelier Friedrich Merz, publiée le 17 décembre 2025 dans le Berliner Zeitung, le célèbre économiste et professeur Jeffrey D. Sachs s'exprime avec une clarté devenue rare dans le débat européen actuel. Sachs ne s'exprime pas en tant qu'activiste, partisan ou commentateur à distance, mais en tant qu'économiste et conseiller politique qui a travaillé pendant des décennies aux interfaces centrales des crises internationales, des architectures de sécurité et des bouleversements économiques. La lettre ouverte contient une citation d'une rare acuité :

„Apprenez l'histoire, Monsieur le Chancelier“.“

Lire la suite

Ulrike Guérot : une européenne entre idée, université et discours public

Ulrike Guérot et l'Europe

Il y a des personnes dont on aime suivre les pensées non pas parce qu'on est d'accord avec elles sur tout, mais parce qu'elles s'efforcent de percer les choses. Ulrike Guérot fait pour moi partie de ces voix. Depuis quelques années, j'assiste régulièrement à ses conférences - pas de manière régulière, pas de manière ritualisée, mais lorsque je rencontre un sujet qui me donne l'impression qu'il vaut la peine de l'écouter plus attentivement. Ce qui frappe alors, c'est qu'elle argumente de manière calme, structurée et en grande partie non idéologique.

Cela rend ses conférences non pas spectaculaires au sens médiatique du terme, mais solides. On peut l'écouter longtemps sans avoir l'impression qu'il s'agit de vendre une vision du monde toute faite. A une époque où les débats politiques sont souvent chargés de morale ou réduits à l'état d'émotion, cette manière de parler semble presque démodée. Dans le meilleur sens du terme.

Lire la suite

Jan-Josef Liefers : un portrait sur l'attitude, l'origine et la liberté artistique

Jan-Josef Liefers

Quand on voit aujourd'hui Jan-Josef Liefers dans le rôle du professeur excentrique Boerne dans „Tatort“, on oublie facilement le chemin parcouru. Personnellement, j'ai toujours aimé le voir dans ce rôle : un mélange de finesse d'esprit, de narcissisme, d'humour et de lucidité déconcertante. Mais justement, ce mélange ne vient pas de nulle part. Il est le résultat d'une vie qui a commencé dans une toute autre Allemagne - en RDA, dans un pays aux frontières étroites et aux directives claires.

Pour comprendre pourquoi Liefers adopte aujourd'hui une attitude si cohérente, il faut retourner là-bas : dans son enfance, dans le monde du théâtre de ses parents et à une époque où la critique du système était tout sauf sans conséquence.

Lire la suite

Pourquoi Dieter Bohlen parle quand les autres se taisent : Un portrait sur l'assiduité et la clarté

Il y a des personnalités que l'on ne comprend vraiment que lorsqu'on se détache de leur image publique. Dieter Bohlen fait exactement partie de cette catégorie. Musicalement, je ne suis moi-même pas un grand fan de ses mélodies à l'eau de rose, souvent très simples - et pourtant, pour être juste, il faut dire que pour les années 1980, ce qu'il a créé était extrêmement précis d'un point de vue artisanal, orienté vers le groupe cible et clairement structuré. Bohlen n'a jamais été un grand artiste au sens romantique du terme. Mais c'était un excellent commerçant, un travailleur acharné et quelqu'un qui connaissait son métier comme peu le font encore aujourd'hui.

Ce qui le rend intéressant pour moi, ce n'est pas tant sa musique - mais le fait qu'il ait conservé son succès pendant des décennies, alors qu'autour de lui, des générations entières d'artistes allaient et venaient. Et qu'aujourd'hui - après de longues années de silence - il prenne soudain clairement position sur des questions de société. C'est la raison pour laquelle il vaut la peine de considérer la personne de Dieter Bohlen au-delà de l'image médiatique habituelle : non pas comme un titan de la pop, non pas comme un lanceur de slogans à la télévision, mais comme un artisan, un commerçant et le miroir d'une époque qui se comprend de moins en moins elle-même.

Lire la suite